Qui sommes nous?
L'alternance
Les principes de l'alternance


Le savoir ne s'acquiert pas seulement à l'école, tout comme l’enseignant n’a le monopole de sa transmission. Il existe des savoirs qui ne peuvent s'acquérir que dans une situation de travail en entreprise, à l'atelier, auprès des parents, des maîtres de stage ou dans le milieu socioprofessionnel.

Les fondateurs des Maisons Familiales Rurales avaient bien compris cela. Ils imaginèrent, dans les années 1930, une démarche qui partageait la formation en une alternance de temps de travail sur une ferme, le plus souvent celle des parents, et de temps d'étude à la Maison Familiale Rurale. Ils ont ainsi créé une formule pédagogique bien connue aujourd'hui : l'alternance.


1. Le rôle formateur du milieu socioprofessionnel



Le premier principe de l’alternance adoptée dans les Maisons Familiales Rurales consiste à penser que la formation ne se réalise pas exclusivement à l'école. L’entreprise, le milieu socioprofessionnel représente aussi des lieux d’apprentissage. Grâce à eux, chaque jeune acquiert un vécu, une expérience sources d’un éveil intellectuel, d’une motivation pour les études et support d’apprentissages.


2. Réussir et Comprendre


Le travail en situation réelle permet la réussite. En effet, aller jusqu'au bout d'une tâche dont on voit les résultats, mesurables à ceux des adultes, constitue pour beaucoup de jeunes des réussites. Ces dernières sont autant de points d’appui pour comprendre et analyser une pratique, intégrer des savoirs techniques, scientifiques, généraux….


3. Une démarche d’apprentissage singulière


Les élèves s'affrontent avec la réalité en ayant une tâche à accomplir en vraie grandeur, tâche qui n'a pas été inventée pour la formation mais qui fait partie de l'environnement, à un moment donné. A ce niveau, l'élève apprend en faisant, il est obligé de s'impliquer d'autant plus que l'organisation de la formation favorise l'interrogation, la réflexion, la remise en cause. Cette interrogation et ce dialogue entre le jeune et les adultes qui l'entoure se font principalement à l'aide du plan d'étude : ensemble de questions à poser par le stagiaire à son maître de stage, à ses parents, élaborées par tous les élèves de la classe pour chaque période en situation professionnelle sur un thème donné.


4. Des outils

Le plan de formation

Le plan de formation peut se définir comme la mise en oeuvre organisée de l'alternance : il intègre, d'une part, les finalités qui président à la mission éducative de la Maison Familiale Rurale (autonomie des personnes, développement du milieu, ...) et, d'autre part, les buts concrets que désirent atteindre les jeunes et leur famille (réussite à l'examen, insertion professionnelle, ...). C'est un outil pour gérer, au mieux, la complexité du système. Il intègre les acteurs avec leurs différentes logiques : étudiants, formateurs, partenaires. Il vise à concilier des logiques externes, comme l'obligation d'enseigner un programme officiel et des logiques plus internes : projet d'établissement, projets des élèves, du monde socioprofessionnel,...


Le plan d'étude

Pour appréhender concrètement l'environnement, l'outil essentiel est le plan d'étude, point de départ d'une recherche-action conduite par chaque élève. Elaboré collectivement par le groupe-classe sous la responsabilité d'un moniteur, il sert à :

explorer, étudier, questionner un moment ou un élément de l'expérience de vie au cours de chaque séjour : une activité professionnelle et/ou familiale, une composante de l'environnement, un "sujet" de vie, ... ;
observer mais aussi et surtout interroger, discuter, interpeller les acteurs que côtoie le jeune : parents, maîtres de stage, collègues de travail, ... ;
raconter et dire, à la manière d'un récit de vie ou d'un rapport, ses découvertes, ses actions, ses points de vue, ses sentiments, ses réflexions, ses questions, ... par le biais de l'écrit. 

Le produit ainsi construit s’intitule l’Etude de Stage.


La mise en commun, un temps fort


De retour de stage, une première étape va amener l'équipe de formateurs à réaliser un entretien avec chaque élève qui présente son document de travail : correction de la forme, repérage des problèmes liés à l'expression écrite, discussion de la pertinence dans la présentation du sujet, ... Après cette phase de suivi personnalisé, un temps de mise en commun permet de valider collectivement les savoirs élaborés par chaque étudiant. Cette mise en commun est très souvent sujette à conflits entre les membres du groupe qui voient leur représentation remise en cause par les énoncés de tel ou tel camarade. A l'issue de la mise en commun, la réalisation du thème passe par des apports (cours, travaux pratiques,…) permettant à l’élève d’élargir son point de vue, de trouver des réponses, des éclaircissements au questionnement ressortant des premières étapes de la démarche. De plus, les élèves bénéficient régulièrement d’interventions de spécialiste du domaine abordé et/ou de visites sur des sites en relation avec le thème étudié.